10 ans de la loi abolitionniste : aucun pas en arrière !
Le 13 avril 2016, la loi d’abolition de la prostitution affirmait une chose simple : le corps humain n’est pas à vendre.
Dix ans après, ce principe est plus que jamais attaqué. Quoi d’étonnant, en ces temps de montée de l’extrême droite, d’exacerbation des fractures sociales et de justification des plus cyniques lois du plus fort ? Ce qui est surprenant, c’est la façon dont des forces qui se réclament de l’anticapitalisme, de l’antiracisme et du féminisme emboîtent le pas au fascisme et à l’ultra-libéralisme sur ce terrain.
Héritière de la tradition abolitionniste du mouvement ouvrier, la CGT, et plus particulièrement notre fédération, a depuis longtemps été amenée à réfléchir et à s’exprimer à ce sujet.
Nous refusons de céder aux discours qui pervertissent des concepts progressistes et les détournent au service des idées les plus réactionnaires.
Le “travail du sexe” n’existe pas : c’est un mensonge politique
Derrière ce mot, une réalité :
- des violences auxquelles les victimes ne survivent qu’au prix d’une dissociation psychique ;
- des rapports de domination tous azimuts : de genre, de classe, de “races” ;
- l’exploitation des plus précaires, des plus vulnérables : des femmes et des enfants qui cumulent toutes les discriminations ;
- une écrasante majorité de personnes qui n’aspirent qu’à sortir de cette situation.
Appeler cela un “travail”, c’est légitimer :
- les viols tarifés ;
- l’humiliation organisée ;
- un rapport de subordination dénué de toute limite ;
- la marchandisation des corps.
On ne combat pas l’exploitation en la banalisant et en lui donnant un statut.
Le consentement n’efface pas la domination
On nous parle de “prostitution consentie”, de “choix”…
Mais de quel choix est-il question, quand on est pauvre, migrante, isolée ? Quand on a subi des violences dès l’enfance ? Quand on est sous emprise ?
Dans le monde du travail, nous avons toujours refusé cet argument du “consentement” entre parties inégales. Jamais nous n’avons accepté ni salaires de misère ni conditions indignes sous prétexte qu’elles étaient “consenties”.
Réglementer la prostitution, c’est organiser l’exploitation
En faire un métier, c’est :
- faire exploser toutes les protections conquises au fil des luttes : en matière de santé et sécurité au travail, de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, de droit à la déconnexion, de respect de la dignité ;
- créer un sous-prolétariat livré pieds et poings liés au marché ;
- institutionnaliser la violence ;
- offrir un nouveau terrain de jeu au capitalisme ;
- graver dans le marbre les pires stéréotypes sexistes ;
- faire du corps humain une marchandise comme une autre.
Nous refusons ce projet de société qui permet aux hommes d’acheter le corps des femmes et des enfants.
Acheter un acte sexuel, c’est exercer un pouvoir
La prostitution n’est pas un échange. C’est un rapport de domination, entre des hommes qui paient, et celles et ceux qui subissent.
Ce n’est pas du travail, c’est une violence sociale organisée en système.
Face aux offensives réactionnaires, résistance !
Partout, les mêmes discours avancent : banalisation de la prostitution, récupération par des logiques ultra-libérales, confusion entretenue au nom d’une fausse liberté.
Mais derrière ces discours : toujours plus d’inégalités, toujours plus d’exploitation, toujours plus de violences.
Abolir la prostitution, c’est faire reculer l’exploitation capitaliste et le patriarcat.
Mais comme pour toutes les grandes conquêtes sociales, rien n’est jamais acquis.
L’abolition de la prostitution ne se négocie pas.
La violence ne se réglemente pas, elle se combat.
10 ans après : on ne lâche rien, on continue, on va plus loin
Contre le système porno-prostitutionnel,
contre la marchandisation des corps,
pour l’égalité réelle.
Nous exigeons :
- l’application pleine et entière de la loi ;
- la protection et des moyens réels pour les personnes en prostitution, notamment migrantes ;
- des sanctions pour les acheteurs-prostitueurs à la hauteur de la gravité des actes.
Nos vies ne sont ni à vendre, ni à louer, ni à négocier : aucune société qui prétend à la justice, la liberté et l’égalité ne se construit sur l’achat des plus vulnérables.
Toutes et tous mobilisé·es le 12 avril pour le rappeler !
Je peux aussi te le transformer en version article web plus propre et plus fluide, sans ton trop militant brut, pour un site.